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Samedi 17 décembre 2011 6 17 /12 /Déc /2011 11:26

Editions Matagot

 

Un jeu de Ludovic Maublanc et Bruno Cathala

 

Illustré par Miguel Coimbra

 

2009

 

 

De 2 à 5 joueurs

 

de 1h30 à 2h

 

49 euros

 

http://www.trictrac.net/jeux/centre/imagerie/boites/11880_1.jpg

 

  Il existe des jeux qui n'ont rien pour nous plaire en apparence : matériel trop pauvre et laid, mécanismes sans grand  intérêt, thème trop abstrait, plaisir ludique assez absent car camouflé par des règles beaucoup trop compliquées, etc.

  Disons-le tout de suite : Cyclades n'est pas de ces jeux !

 

  Ce jeu nous propose en effet un mélange de mécanismes et de genres très intéressant et très riche. Pour gagner, il faut deux métropoles, mais la manière de les acquérir diffère : on peut, règle de base, construire un à un les bâtiments nécessaires à la métropole (chacun apportera un avantage, sauf l'université qui, très logiquement, ne servira à rien...), dans un jeu de développement ; on peut, pour les opportunistes, développer sa puissance militaire pour conquérir les bâtiments ou métropoles des autres ; enfin on peut, pour les plus discrets, recruter tranquilement les philosophes qui permettront, réunis en boys-bands de quatre, de créer une métropole directement.

 

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  Difficile donc de classer ce jeu, entre la conquête, le développement et la stratégie. Ajoutons-y une pointe d'enchères car les actions que l'on pourra faire à notre tour dépendront du Dieu que nous avons choisi d'honorer. Par un ingénieux système d'enchères, qui inspirera la deuxième version d'Evo, il faudra donc savoir débourser les sous nécessaires aux faveurs d'un Dieu, sans être délogé par quelqu'un d'autre car cela nous obligerait à choisir un autre Dieu... à moins d'être à nouveau délogé de cet autre Dieu !

 

  Zeus nous permet (pour les habitués des jeux de gestion) d'avoir des réductions sur nos prochaines enchères, Athéna nous procure ces fameux philosophes, Poséïdon développe notre puissance navale (ou nous protège des navires agressifs environnants !) et autorise à attaquer les ennemis sur la mer, enfin Arès enrichit notre force militaire sur terre et nous permet d'attaquer une île à condition d'avoir une ligne de navires jusqu'à elle. La conquête n'est donc pas si évidente que cela car il faut que nos navires soient bien positionnés (et il faut savoir que les combats se résolvent avec un dé spécial qui laisse quand même l'avantage à la puissance numérique mais qui peut parfois causer des résultats inattendus). De plus, chaque action coûte de l'argent, le même qui nous servait à acquérir les faveurs des Dieux, donc la gestion de nos revenus sera le nerf de la guerre.

  Pour finir sur les Dieux, un joueur bredouille pourra gratuitement honorer Apollon, qui nous fait passer notre tour mais augmente nos revenus (bonne technique pour économiser et remporter ce qu'on veut à un prochain tour !).

 

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  Mais ce n'est encore pas tout... Car les Dieux sont toujours disposés d'une façon différente à chaque tour, et de cette position dépend l'ordre de jeu et l'ordre d'enchères du tour suivant... Ajoutons à cela que le premier joueur a l'avantage de pouvoir faire appel aux créatures mythologiques, et... Ah oui, parce qu'il y a aussi des créatures mythologiques ! Et celles-ci, que l'on néglige à tort dans la première partie, peuvent considérablement tout renverser car peuvent par exemple permettre d'attaquer sans Arès et sans chaîne de navires, ou de voler le philosophe qui nous manquait, ou encore de voler la moitié de l'argent d'un adversaire, etc.

 

  Bref, l'article est long mais le jeu est riche donc le mérite. D'ailleurs, contrairement aux jeux de gestion où il faut penser à tout dès le premier tour sous peine d'en pâtir pendant 3 heures, les actions limitées que l'on peut faire selon le Dieu choisi entraînent des tours plutôt rapides, même s'il faudra justement bien réfléchir aux actions dont on a besoin en priorité. Ou, en fin de partie, aux actions qui ne nous intéressent pas forcément mais qu'on ne peut décemment laisser à l'adversaire...

 

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  Et puis, pour certains, dont moi, ça veut dire beaucoup : le matériel est juste, juste, somptueux, avec de belles figurines et des troupes différentes selon la couleur (comme Les Géants de l'île de Pâques, du même éditeur).

  Maintenant, chers lecteurs, si vous n'êtes pas convaincus, je ne sais plus quoi faire...

Par Jeux de Meaux - Publié dans : Ludothèque
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